Il est 8h30 du matin, un coup d’œil par la fenêtre,
le soleil brille, et malgré la pollution, le ciel est d’un bleu azur éclatant,
salut aux montagnes! Chez nous, il fait bien chaud mais dehors il fait un froid
sec et saisissant. Salâm (bonjour en persan). C’est l’hiver à Téhéran.
Un parfum herbacé et citronné vient chatouiller mes
narines. Direction la cuisine. Deter prépare du ghormeh sabzi ! Voy,
voy,voy ! Elle m’en confie la surveillance : elle doit sortir
travailler.
Je m’installe dans un fauteuil, un thé brûlant dans
une main un livre dans l’autre, enchantée par le festin qui m’attend pour le
déjeuner.
11h30, Bâbâï arrive le premier, les bras chargés de
barbari (une variété de pain qui se présente sous la forme d’une galette tendre
et épaisse) encore chaud. Deter et Abi ne tardent pas à nous rejoindre.
Le temps de jeter une nappe sur le sol du salon, d’y
déposer assiettes, verres et couverts, un grand bol de yaourt maison, une belle
galette de pain et au milieu le plat de ghormeh sabzi.
Il est midi. Bon appétit!
Oui mais… « Ghormeh sabzi tchi é ? »
(qu’est ce que le ghormeh sabzi ?). C’est un plat qui symbolise
pratiquement l’Iran à lui tout seul. À vrai dire, c’est LE plat iranien par
excellence.
Si on voulait le traduire en français cela donnerait
quelque chose comme « ragoût de fines herbes » … hum, pas très
engageant comme titre. Pourtant, je ne connais personne qui n’ait pas adoré le
ghormeh sabzi, délicat ragoût de veau longtemps mijoté dans un mélange savant,
raffiné et parfaitement équilibré de fines herbes.
Enfin, avant de vous livrer la précieuse et
simplissime recette, je me permets une dernière précision.
Les haricots rouges font traditionnellement partie
de la composition du ghormeh sabzi. Cependant, pour ceux qui cohabitent mal avec les haricots rouges (quel dommage), on peut les remplacer par des champignons de Paris : quasiment identiques en texture et sans influence
sur la saveur du plat.